Construction De Chapelles Et D’Eglises
Article Numéro 4.63 Adultes et universitaires
Soumis par: FFCA-PHCS
Date: 21 juin 2014
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Source: Vergniaud Leconte, p418-420)

Ce texte donne une bonne idée des transformations subies par certaines constructions au fil des ans.  Il illustre les changements et leurs raisons.

La paroisse de Limonade édifia trois chapelles et quatre églises.  La première chapelle élevée, à l’établissement de ce quartier, le fut a l’embarcadère de Limonade, sur le côté gauche du chemin, quand on va a la mer, a environ un kilomètre du rivage.  Une année après, en 1680, une nouvelle chapelle fut construite sur un autre emplacement, a cent mètres plus loin de la première.  C’est dans cette seconde chapelle que fut inhume la dépouille morelle du gouverneur colonial, M de Cussy, mort dans cette fameuse bataille livrée aux Espagnols dans l’endroit appelé Savane de Limonade, laquelle est située à hauteur du point du fossé à l’ouest, et s’entendant entre Conegut, Montholon, le Chemin du Cap a Terrier Rouge.  Les restes de M. de Franquenay, lieutenant du Roi du Cap, y furent inhumes également.  Les habitants de cette riche champagne subirent pendant onze jours les dévastations des Castillans.

Une troisième chapelle fut élevée, en 1694, sur un nouveau terrain’ les Espagnols la détruisirent en 1695, ce qui n’empêcha pas aux habitants de construire une église, en cette même année, sur le terrain de la dite chapelle.  C’est dans cette nouvelle église qu’ils célébrèrent, le 26 juillet 1706, pour la première fois, la fête de Sainte Anne, sous l’invocation de laquelle était leur paroisse. Les habitants de Bois de Lance étant entrés en concurrence avec ceux ce Limonade, sous le rapport des pratiques spirituelles, de part et d’autre iI y a eut simulation, besoin de bâtir une église sur un plan plus spacieux, afin d’être en mesure d’exercer ses dévotions librement et sans se déplacer en allant par les grands chemins.

Limonade, en conséquence, construisit sa deuxième église sur un emplacement du bourg même; elle fut consacrée, en 1707, le jour de la fête patronale.  L’une des chapelles des bas-côtés, celle de gauche, fut dédiée à la Vierge et celle de droite à St Jean Baptiste, patron du père le Pers, missionnaire Jésuite, alors cure.  En 1708, on célébra la fête de Sainte Anne avec un entrain et une animation dont la paroisse ne s’est jamais refroidie.  Moreau de St Mery prétend que cet éclat était du a M de Charrite, gouverneur du Cap, qui y amena don Guillermo Morfil, président de la colonie espagnole; que la présence de ces deux personnes attire beaucoup de monde à la fête.  … on peut compter depuis la veille de la fête, la visite de six a sept mille pèlerins venus de tous les points du pays.

L’église de 1707, la deuxième, était bâtie en bois, sous la direction d’un signor Amato, architecte.  Elle tomba de vétusté.  Soixante-dix ans après, la nécessité d’un solide édifice se fit sentir avec l’accroissement de la richesse de la paroisse.  Un sieur Caulet en prit la charge et bâtit la troisième église, sur l’emplacement de la précédente, en pierre, de 30 m de long sur 15 de large.  Moreau de St Mery dit: Cette église est une des plus jolies de la colonie, étant bâtie en petit sur le modèle de celle du Cap”.

Elle doit a Mme Fournier de Bellevue le maître-autel et ses degrés, les autels des nefs latérales, une balustrade qui ferme le chœur, les dalles de ce dernier et les degrés pour y entrer, le tout en marbre gris, pierre tombale de Gerard Carbon, procureur général, mort à Paris, bienfaiteurs de l’église en bois… La troisième dont Mme de Bellevue fut la bienfaitrice, en reçu les restes qui y furent inhumes; malheureusement nous n’avons pas pu en retrouver sol’ sur ses quatre cotes régnait un porche très large.  Le clocher se trouvait derrière le mur d’enceinte de l’abside; une petite cloche qui date de 1773 existe encore, mais hors du clocher, sur un tréteau, à l’extérieur.  Elle est aujourd’hui fêlée, et son battant ronge par la rouille.  Elle mesure environ un pied et demi de diamètre, sur un peu plus de … hauteur; on voit sur sa façade un crucifix; à l’opposé du crucifix, un groupe  formé de Sainte Anne, de Marie et de Jésus, enfant.  …

La face principale de l’église donne sur le grand chemin qui va du fossé au haut du bourg, c’est-à-dire presque de l’ouest franc.

Le tremblement de terre du 7 mai 1842 la renversa et fit disparaitre.  Elle fut rebâtie en 1864 par les soins d’Alfred Menard, alors commandant militaire du quartier de Limonade, avec le concours des ouvriers de la Petite Anse … Cette quatrième église est donc, sous le rapport de la position et de la superficie, pareille a la précédente sauf le porche.  … La façade principale a adoptée quatre gros pilastres carres pour support et de petites colonnettes engagées dans les pieds droits des portes, à titre d’ornement; ces colonnettes se terminent dans la forme conique.  Une belle corniche règne au dessus de ces 4 pilastres qui semblent la porte faux deux angles, deux petits piliers carres surmontent la corniche; ils sont moulurés au milieu et finissent avec un clocheton circulaire parti d’une petite corniche saillante. Au milieu du fronton se voit, dans une niche, une statue de Sainte Anne…près d’elle se tient la fillette qui apprend a lire dans le livre de la Science Divine.  Cette statue parait avoir été de la colonie.  La hauteur de façade est d’environ dix mètres.

A l’intérieur, les nefs sont spacieuses, les arcades sont massives.  Le plafond a reçu la forme d’une voute en berceau, le toit du chœur en cul-de-four.  Le marbre des autels et du chœur s’y retrouve tel que depuis plus de 150 ans.  Ce qui tient lieu d’abside, les deux extrémités du transept dont l’une sert de sacristie, le tout, croyons-nous, a été reproduit comme c’était en 1777.

Les vitraux du chœur datent de la reconstruction; ils sont de 1879.  Quand a la peinture murale, on la doit, au père Jules Bertin, de belle mémoire, curé de Limonade en 1917, le même qui construisit le presbytère du Cap en 1885-1886, et le décora.  Au fond derrière le maître-hotel se voit un grand tableau qui parait être celui dont parle M de Saint-Méry: la Nativité de la Vierge, que M. Champaing donna en cadeau a la Chapelle du Bois-de-Lance.

Certains monuments ha1’tiens ont-ils pu être conservés à travers les années et siècles ?

Beaucoup de monuments sont-ils encore en bon état ?  Y a-t-il un souci de les conserver en général ?

A part les luttes et révolutions, quels autres raisons entrainent parfois la destruction de monuments ?

Que faire pour les mieux conserver et ne pas dépensera à nouveau de larges sommes pour les reconstruire ?

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