Relations Hispano-Françaises à Saint-Domingue
Article Numéro 4.28 Adultes et universitaires
Soumis par: MOF
Date: 21 octobre 2013
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Source: Thomas Madiou, Histoire d’Haïti. Tome I, Imprimerie Deschamps, Port-au-Prince, Haïti, 1989

Par le traité de Ryswick, en 1697, après l’échec de l’Espagne durant la guerre en Europe, la partie occidentale d’Hispaniola sera cédée à la France comme rançon de guerre. Des Espagnols vivaient cependant dans l’Est et certains d’entre eux n’arrêtent de convoiter le territoire occupé, d’abord illégalement puis légalement, par les Français.

Vers 1630, pirates Anglais et Français occupent la Tortue puis rentrent au fur et à mesure sur la partie occidentale d’Hispaniola relativement mal exploitée par les Espagnols. Ils y chassent des cochons sauvages et les vendent contre armes et munitions a des Hollandais, stationnés à Léogane. En 1640, les Français majoritaires à la Tortue et dans le Nord demandent protection à la France qui leur envoie leur premier gouverneur, Levasseur. Ils forcent alors les Anglais à se tenir à la Jamaïque. Vers 1648, une expédition espagnole attaque La Tortue et est repoussée.

Les Espagnols tentent encore de reprendre du terrain en 1660, sans succès. Les Français renforcent leurs installations en donnant la concession de la Tortue à la Compagnie des Indes de Bertrand d’Ogeron. Les Français de la partie ouest attaquent alors Saint-Yague, dans la partie orientale. Le Cap est à nouveau victime d’une attaque espagnole en 1684. Les Français se rendent alors à nouveau, en 1689, a St Yague avec 400 cavaliers, 450 fantassins et 150 esclaves et sont victorieux.

En 1690, le Cap est attaqué et encore détruit par les Espagnols. A partir de 1691, les attaques espagnoles contre les Français de la partie de l’Ouest reprennent. Ils attaquent, une fois de plus, le Cap. En 1695, avec 24 bateaux, les Espagnols se joignent à des pirates anglais pour détruire le Cap, Limonade et tout le Nord, avec 4000 hommes. Ils attaquent aussi Port-au-Prince avec 2000 hommes.

En retour, en 1694, le Gouverneur de Saint-Domingue, Ducasse, attaque les Anglais à la Jamaïque et leur enlève la récolte d’indigo, des objets précieux et 3000 esclaves nécessaires au développement de la partie ouest. En 1697, l’Espagne perdante dans les guerres d’Europe dédommage la France et lui cède la partie orientale de l’île d’Hispaniola. Les limites de la frontière ne seront fixées qu’ en 1776 mais les Espagnols tenteront souvent de pénétrer et gagner du terrain à l’Ouest, qui deviendra Haïti, mais qui fut, à cette époque, nommée Saint-Domingue par le Gouvernement Français.

Les Espagnols, jaloux de l’expansion du territoire colonial français, s’allieront, entre 1791-97 aux mouvements de révolte de marrons, de libres ou de chefs indigènes, tels Jean-François, contre la France et pour obtenir l’aide d’esclaves prisonniers. A d’autres moments, des colons français, espagnols ou anglais combattront ensemble des marrons, libres ou esclaves insurgés considérés comme des ennemis.

Les Espagnols vivant à Hispaniola étaient-ils contents de voir les Français s’emparer d’une partie de l’île? Qu’est ce qui le prouve? Donnez des exemples. A l’époque, quels autres citoyens convoitaient aussi la partie occidentale de l’île? S’entendaient-ils avec les Français à certains moments? Pourquoi ? S’entendaient-ils aussi parfois avec les Espagnols? Pourquoi? Les Espagnols de l’Est aideront-ils, par moments, les marrons, affranchis et esclaves libres? Pourquoi?

 

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