Conflits et alliances à St-Domingue avant 1791
4.23 - swords
Article Numéro 4.23 Adultes et universitaires
Soumis par: FFCA-PHCS
Date: 16 septembre 2013
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Des contradictions sociales internes et externes à Saint-Domingue ont provoqué le mécontentement et la révolte dans la colonie.  Des faits tant en France que sur le sol saint-domingois ont débouché sur une insurrection généralisée.

Au début de la colonisation de la partie ouest de Hispaniola par la France, colons, engagés et mulâtres libres se côtoyaient, s’entraidant dans certains travaux et remplissant tous des fonctions diverses dans la force militaire organisée à Saint-Domingue.  Il y avait peu d’habitants et rares étaient ceux de la Métropole souhaitant s’installer dans la colonie.  Au fil des ans, toutefois, la situation changea.  La production augmenta.  La colonie devint un territoire attirant des nobles qui y voyaient une source de biens et de revenus certains ainsi qu’une garantie de privilèges personnels de toutes sortes.  C’est alors que commença à se faire sentir une différence entre les divers types de résidents.  Dès 1685, il fallut avoir recours au Code Noir.  Ce Code précisait les peines devant être infligées aux esclaves et les distances sociales à prendre vis-à-vis des mulâtres et noirs libres pour freiner leur liberté et égalité.

Le 7 janvier 1767, on passa même un décret interdisant aux descendants libres de race noire d’occuper des fonctions publiques dans la colonie.  Les différences raciales et le préjugé se firent de plus en plus sentir.   Les enfants des mulâtres et noirs libres en souffraient à St Domingue mais aussi en France où bon nombre d’entre eux achevaient leurs études.  Ces jeunes provenant de la colonie se liaient outre-mer à des parents d’origine française et discutaient avec eux de leurs problèmes.  Certains d’entre eux allaient plus loin en rejoignant des mouvements de contestations sociales propres à la métropole.

Par exemple, dès 1784, Julien Raymond agitait en territoire français des idées en faveur des mulâtres libres de Saint-Domingue.  Jean-Baptiste  Belley, un noir, et un Martial Desse, un mulâtre, en faisaient de même lors de leurs séjours à la métropole en tant que membre de la Constituante.  En 1787, les idées d’égalité  remuées en France dans le cadre de la lutte contre l’aristocratie amenèrent les Condorcet, Mirabeau, Pétion, Clavières, Vergniaud, Grégoire à fonder la Société des Amis des Noirs.  En contrepied, était créé le Club Massiac anti-négrophile,  par Barnave, défenseur du peuple qui prônait un système colonial  indépendant de la Métropole.  Par la suite, certains demandaient d’interdire aux propriétaires d’habitations d’être fonctionnaires ou d’autres souhaitaient voir la colonie placée sous un protectorat avec le droit de se gouverner.

En 1789, se fut l’aboutissement des Etats Généraux réclamés en France depuis 1780.  Parallèlement, des demandes d’égalité pour les affranchis fusaient tant en France qu’à Saint-Domingue. Des idées de droits humaines circulaient aussi.  Aussi, il y eut, en 1790,  l’affaire Fernand de Baudières qui vint porter ces revendications à leur paroxysme sur le sol même de Saint-Domingue.  Ceci créa une animosité entre blancs de diverses opinions, dans la colonie même.  Un décret d’abolition de la féodalité tant en France qu’à Saint-Domingue en 1790 vint renforcer les revendications dans la colonie de Saint-Domingue et les luttes des activistes affranchis en France .   Vincent Ogé qui y menait un mouvement énergique fut bientôt obligé de quitter la France.  D’autres tels que Rigaud et Pinchinat y furent emprisonnés pour un certain temps. Le Club Massiac royaliste et anti-esclavagiste se durcit  tandis que les affranchis et colons libéraux républicains  jouèrent le jeu pro-métropole tout en réclamant des droits égaux pour les libres. Ogé rentra à Saint-Domingue pour militer, en passant par l’Angleterre et les Etats Unis. Il décida d’y poursuivre les réclamations, aidé de son beau-frère, Chavannes.  Ils furent combattus,  arrêtés, exécutés à Saint-Domingue par la milice coloniale et certains colons, en février 1791, au Cap Français.

L’anarchie s’installa dans la colonie. La lutte entre différents groupes de blancs d’abord, et entre les affranchis libres et certains blancs à tendance esclavagiste devint alors ouverte et féroce.  Le 15 mars 1791, à Bordeaux, Angers, Chalon en France, des citoyens français, blancs,  réclamèrent ouvertement que tout descendant de père et mère libres devait jouir de ses droits politiques, dans la colonie.   Cette demande fut agréée et promulguée au Cap Français le 30 juin 1791.  Cependant, fatigués et abusés, bien que Julien Raymond demandait aux affranchis de rester attachés à la France révolutionnaire et d’avoir une attitude pacifique, des libres, mulâtres et noirs, ces derniers s’appliquèrent alors à se joindre aux esclaves et à les armer. Ces deux groupes commençaient  à sentir  fortement l’injustice et une alliance solide allait se former entre eux.   Des groupes d’esclaves marrons s’organisaient et attaquaient  leurs maîtres à l’époque.  Des royalistes faisaient de même en donnant à certains esclaves la liberté.  La France délégua, en toute urgence, des commissaires à Saint-Domingue. Ils tentèrent de faire la balance en essayant de plaire aux affranchis et généraux indigènes de l’Armée Coloniale en les ralliant aux visées de la Métropole tout en assouplissant les rapports humains d’alors.  Cependant, bon nombre de gens de couleur  sceptiques et déçus  croyaient uniquement en la nécessité de s’allier aux esclaves et de se soulever.  Du côté des esclaves, la première grande révolte eut lieu le 22 août 1791 après un congrès tenu le 14 août.  Leurs revendications se généralisèrent sans tarder tandis que leur alliance avec les affranchis et les chefs militaires indigènes de l’Armée coloniale allait grandissant.  Parallèlement, les colons divisés sur le sort futur de la colonie et aussi sur les relations à adopter vis-à-vis des affranchis et des esclaves se chamaillaient entre eux, quittaient la colonie découragés d’autant qu’avec ces troubles et aussi avec l’influence de la révolution et des guerres en France le développement économique saint-saint-domingois baissait.

 

Quelles sont les idées véhiculées en France en rapport aux colonies et en rapport aux gens de couleur de Saint-Domingue au moment des Etats Généraux à Paris?  Citez quelques grandes décisions prises en France qui devaient avoir une grande influence sur la vie des libres et esclaves.  Listez-les.

Quelles sont les positions de différents groupes de  blancs en France et à Saint-Domingue sur les questions raciales et sociales à l’époque? Sont-ils divisés ou tous du même avis? Expliquez vous.

Quelles sont, à l’époque, les aspirations des libres et celles des esclaves?  Sont-elles les mêmes dans les mêmes pour les affranchis que pour les esclaves?  Sont- ils d’accord à s’unir dès le début?  Si non, pourquoi hésitent-ils à le faire et à partir de quand font-ils alliance?  Justifiez votre réponse.

*Thumbnail source: FCIT

2 résponses sur “Conflits et alliances à St-Domingue avant 1791
    1. Maxime Pierre Auteur de l’article

      Le texte explique bien les interets, points communs ou divergences des divers groupes sociaux en presence a differents moments. Ce qu’on peut voir c’est qu’il y avait beaucoup d’opinions et interets differents qui expliquent aussi que chaque groupe ait une position differente. C’est une situation tres complexe que nous allons chercher a expliquer pour faire comprendre les raisons de tous les conflits existant et les formes qu’ils pouvaient prendre.

      Il y avait des positions et interets differents entre certainss blancs de St Domingue et la Metropole. D’autres etaient pour le maintien de la Metropole et la Monarchie. Donc des conflits entre certains responsables de l’Etat Francais a St Domingue et la Metropole qui les avait nommés egalement.

      Il y avait des positions differentes entre les differents types de blancs se trouvant a St Domingue. Certains etaient proprietaires, d’autres pas. Certains etaient pour la metropole et d’autres pas. Certains avaient des enfants mulatres libres, d’autres uniquement des enfants avec une mere francaise. Donc des jalousies et differences entre leurs propres enfants.

      Il y avait des positions et interets different entre blancs et mulatres et noirs libres. Les blancs ne voulaient pas que les mulatres et noirs libres soient egaux a eux. Certains mulatres se pensaient aussi superieurs aux noirs libres, et tous voulaient etre egaux aux blancs.

      I y avait des interets et positions differentes ainsi que des rivalites entre les blancs selon les fonctions qu’ils occupaient dans l’administration ou pas.
      Des libres noirs ou mulatres voulaient occuper des positions dans l’administration et l’armee. Ceux ne pouvant y acceder etaient probablement insatisfaits et jaloux des autres.
      Entre libres, certains etaient pour la metropole et d’autres pas. La encore une cause de conflits.

      Cetains libres qui ne pouvaient avoir un poste et qui voulaient gravir les echelons, s’alliaient a d’autres puissances (Angleterre ou Espagne) pour avoir un poste. Du meme coup, ils devenaient des ennemis de la France, de l’Administration a St Domingue et aussi de certains colons et autres libres. Selon les avantages recus et aussi selon la force de chaque puissance a divers moments, certains libres passaient d’un camp a l’autre. Donc des rivalites et haines entre noirs et mulatres libres enroles dans ces armees, selon leur appartenance et luttes intestines entre chefs indigenes selon leurs agissemetns du moment et l’interpretation qu’en donnaient certains autres officiers libres mulatres ou noirs..

      Certains esclaves devenaient libres parce que leurs maitres les affranchissaient ou parce qu’enroles dans l’une ou l’autre armee etrangere. Donc encore une autre source de jalousie entre esclave et libres, et aussi de haine de certains blancs envers ceux qui gravissaient les echelons et se ralliaient a puissance x ou y.

      Jalousie encore entre esclaves qui avaient gravi les echelons et etaient devenus libres et ceux qui etaient encore esclaves.
      Jalousie egalement entre freres et soeurs quand un pere colon donnait sa fortune ou des biens a un de ses fils ou filles et n’en donnait pas a d’autres devenus libres alors que la meme mere pouvait avoir des enfants d’un esclave qui eux ne pouvaient etre automatiquement libres meme si issus de la meme mere.

      Entre mulatre et noirs libres, il y avait meme des clans en France. Certains partaient etudier et restaient proches de leurs familles de colons. D’autres se rangeaient aupres des liberaux et idees de la Revolution Francaise. Donc meme en France, on rencontrait deux types de colons et deux types de libres en lutte selon leurs idees.

      Les mulatres et noirs libres ainsi que les esclaves et particulierement les chefs indigenes qui etaient orginellement dans l’armee francaise de St domingue se mettront ensemble et oublieront leurs querelles seulement quand et libres et esclaves se rendront compte que les Francais de la Metropole sont revenus en force pour les combattre et remettre hors de liberte ou en esclavage. Certains blancs possedant des habitations a St Domingue qui n’etaient pas royalistes sont obliges de partir aux Etats Unis ou dans d’autres iles. Alors, les libres et esclaves se mettent ensemble pour combattre l’Armee Francaise de Leclerc et mener la partie farncaise de l’ile a l’independance. Mais des rivalites vont se poursuivre par la suite entre chefs indigenes, soit pour des raisons de couleur ou pour des raisons de fortune ou a cause d’idees differentes sur comment mener le nouveau pays. Parfois, des rivalites existent meme a cause de femmes convoitees par les memes chefs. Alors, les chefs indigenes et nouveaux officiers haitiens se battent et se divisent. Et les conflits continuent parce que ce n’est pas l’interet collectif de tous les habitants du pays qui passent avant. Chacun se voit et pense a son bien-etre et lutte avec l’autre pour arriver ou atteindre ses propres aspirations et faire passer ses idees.

      Voila un peu les causes des conflits avant et apres 1791 et meme actuellement. Mais il faudrait lister les causes des conflits actuels qui se poursuivent entre secteurs de la societe. On n’a pas tout le temps les memes raisons meme si certaines demeurent.

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