Niveau de production de Saint-Domingue
Article Numéro 4.20 Adultes et universitaires
Soumis par: MOF
Date: 26 août 2013
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Source: Source : Jacques de Cauna et Blaise Pascal

Au fil des ans, principalement grâce à la culture de la canne et la production de sucre, Saint-Domingue devint la plus riche colonie de Saint-Domingue.  Les données disponibles le prouvent bien.  Et nous renseignent sur l’évolution de cette culture ainsi que sur le degré d’exploitation dans la colonie.

C’est par les croisades que la canne vint de Syrie en Europe.  On voyait des moulins à moudre les « cannes à miel » en Sicile en 1176.  Et les Vénitiens pratiquaient le raffinage par la suite.

Christophe Colomb l’apporta des Iles Canaries à Hispaniola en 1494, et dès1506, sous Ovando, la partie Est de l’île exportait du sucre vers l’Espagne.

En 1518, pendant la colonisation espagnole, on comptait sur l’île jusqu’à 40 moulins à cannes à traction animale.  En 1522, des esclaves révoltés pillèrent et saccagèrent la grande sucrerie de Don Diego Colomb, puis celle de Miguel De Castro.  A la fin du XVIème siècle, la partie espagnole exportait 20.000 livres.

Dans la partie occidentale, la première sucrerie fut établie à la plaine de Léogane en 1680 par Delandes, major à la côte de l’Ouest.  Mais le réel démarrage de cette industrie se situa dans la plaine du Cap en 1699 sur l’habitation Duplan au Quartier-Morin, appartenant à la famille du Gouverneur Bearnais de Charitte.  Elle fut suivie en 1700 au quartier de Limonade par celle du commandant des milices, Dureau.  Elle apparaît dans le Cul de Sac en 1724, alors que la plaine du Cap comptait déjà 200 moulins.

Les exportations de sucre brut n’étaient que de 14.000.000 de livres en 1714 et passèrent à 21 millions de livres en 1720, puis à 73 millions de livres en 1767, et enfin à 93 millions de livres en 1788.

Pour le sucre blanc, la production passa de 1.4 millions de livres en 1720 à 51.5 millions en 1767 et 70 millions en 1888.

Parallèlement, le nombre de sucreries qui était de 592 en 1754 atteignit 30 ans plus tard 793 (341 en brut et 452 en blanc) alors qu’il n’y en avait plus qu’une vingtaine dans la partie espagnole.

Le capital alors investi dans la production sucrière (terres, bâtiments, ustensiles, esclaves, cheptel) était alors estimé à plus que 550 millions de livres, soit à peu près 40% de toute la fortune de la colonie.

Les plaines du Nord et du Cap fournissaient à elles seules plus de 75% de la production totale de sucre blanc ou terré mais le Cul-de-Sac et les plaines voisines de  Léogane et l’Arcahaye fournissaient les 2/3 du sucre brut.  Les rendements d’une région et d’une plantation à l’autre peuvent varier de 5.000 à 15.000 livres par carreau selon les techniques utilisées.

Saint Domingue absorbait à elle seule 60% des Noirs importés dans les îles françaises.  Au début du XVIIIe siècle, environ 7.500 esclaves étaient traités et documentés dans les statistiques portuaires par an , 20.000 par an à partir des années 1740 et le double par an après la Guerre d’Amérique de 1772 à 1776.

Les revenus tirés de Saint-Domingue par la France étaient de  : 94 millions de livres en 1775, 137.millions de livres en 1788, et représentaient 70% des revenus que la France obtenait de ses colonies américaines.

Toujours en 1788, à la veille de la révolution, on estimait les revenus provenant de St Domingue à 180 millions.  Saint-Domingue à elle seule alimentait plus du tiers du commerce extérieur français. Un Français sur huit vivait directement ou indirectement de cette colonie : 150 navires jaugeant 220.000 tonneaux relâchaient annuellement dans ses ports ; 750 gros vaisseaux montés par 80.000 marins assuraient la liaison entre l’Ile et les ports métropolitains suivants qui vivaient de ce commerce : Bordeaux, Nantes, Le Havre, Marseille, La Rochelle, Dunkerque, Saint-Malo, Bayonne et Honfleur.

En 1789, Barbé de Marbois inventoria : 793 sucreries, 54 cacaoyères, 3151 indigoteries, 789 cotonneries, 3117 caféteries, 182 guildives ou rhumeries, 370 fours à chaux, 26 briqueteries ou tuileries, 29 poteries à St Domingue.

On y ajoutait : 40.00 chevaux, 50.000 mulets, 250.000 bœufs et menu bétail.  La valeur totale des biens-fonds dépassait un milliard et demi de livres.  La population était alors de 30.000 blancs et 500.000 esclaves.

Pour bien comprendre l’évolution de l’économie de Saint-Domingue, faites un relevé des dates et des niveaux de production puis les inscrire en ordre chronologique dans le tableau suivant

 

DATES SUCRE BRUT SUCRE BLANC NOMBRE DE SUCRERIES REVENUS GENERES

EXPORTE EXISTANT A PARTIR DE ST DOMINGUE
1714
1729
1754
1767
1775
1784
1788

Calculez, en pourcentage, la progression sucrière croissante entre les différentes années.

De 1714 à 1729 :  ______ % d’augmentation,  de 1714 à 1754 : _______% d’augmentation, de 1724 à 1767 :  ____ % d’augmentation,   de 1767 à 1784 : ____% d’augmentation,  de 1775 à 1788 : _______ % d’augmentation.

 

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